lundi 12 septembre 2016

Frankenstein, version Kenneth Branagh.

D'ici peu, j'aimerais écrire une petite série d'articles autour d'un sujet qui me passionne depuis fort longtemps : la "dark-attitude" dans la fiction. Je vous parlerai ici de vampires (Dracula en tête), de romans psychologiques, de films de Tim Burton, d'Hannibal, de l'univers de Stephen King ou de Mo Hayder, entre autres ... Bref, des petites choses, gothiques ou non, qu'on retrouve dans la littérature, au cinéma ou dans les séries télé. Ce sera un peu noir, mais amusant à la fois (enfin j'espère), et ce sera peut-être même l'occasion de parler aussi un peu d'art et d'histoire. Je cherche encore comment intituler ces articles et comment les mettre en forme, mais je sais que ça va être bien. Enfin on va essayer, mais j'ai des idées. Pour l'occasion, je voulais revenir avec vous sur un personnage mythique et incontournable de la littérature et du grand écran. C'est-à-dire lui :

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Avant que je ne regarde l'adaptation de Kenneth Branagh, on m'a prévenue qu'elle était loin d'être top. Je n'en ai eu aucun bon retour et j'ai lu pas mal de critiques disant qu'elle était beaucoup trop théâtrale. Oui mais voilà, j'ai une confiance aveugle en tout ce qui est théâtral, le talent n'étant plus toujours exploité à fond au profit d'une profusion regrettable d'effets spéciaux (peu présents dans ce film, pour mon plus grand bonheur). Pour ma part, je n'ai pas du tout été déçue et malgré quelques raccourcis ou manques de détails, j'ai bien apprécié l'ensemble. De toute façon, pour une adaptation cinématographique, il est impossible de faire quelque chose de 100% complet et identique au bouquin (à moins de filmer une version de 4h avec copiant collant des passages entiers de dialogues, ce qui n'aurait aucun intérêt).

Ici, Victor n'a plus qu'un frère, le petit William, et maman Frankenstein meurt en le mettant au monde. Aveuglée par un deuil qu'il ne parviendra jamais totalement à faire, il part pour l'université, des rêves d'immortalité plein la tête. Victor délaisse alors pour un temps sa compagne Elizabeth (laquelle est aussi sa sœur adoptive, tout va bien dans le meilleur des mondes), afin de se consacrer entièrement à toutes sortes d'expériences qui ne font pas l'unanimité, c'est le moins qu'on puisse dire. Henry Clerval, l'ami le plus proche de Victor, est plus ou moins mis au courant de ses bidouillages, tandis que le professeur Waldman, son  mentor, le dissuade d'aller au bout de ses projets. Borné et très confiant, il s'isole pourtant dans son atelier, concevant des expériences assez morbides sur fond de météo orageuse. Sachant que seuls les éclairs peuvent insuffler l'énergie nécessaire au corps monstrueux pour prendre vie, il récupère alors des membres çà et là pour les attribuer à sa créature (en choisissant notamment le corps de l'assassin de Waldman et le cerveau de ce dernier, une image lourde de sens). Une réussite qui tourne alors au chaos le plus total, lorsque sa création s'enfuit dans la forêt et échappe à tout contrôle.

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J'avoue avoir quelques regrets néanmoins sur cette adaptation (pourtant brillante, surtout grâce à De Niro), la première étant qu'on ne sait jamais vraiment ce qu'il advient de Clerval. Branagh ne s'est pas non plus trop attardé sur l'histoire de la famille chez qui la Créature se réfugie et apprend pourtant beaucoup (à lire, à parler, à penser et à ressentir toute une palette de sentiments, donnant naissance à la scène la plus émouvante du film). Vu l'impact qu'elle aura sur ses réflexions par la suite, j'espérais d'en voir davantage encore, étant donné que c'est un élément clé du film. Ceci dit, je suppose que le roman détaille un peu plus cette rencontre, mais il aurait sans doute fallu ajouter une heure de film et il en fait déjà deux. On se console comme on peut. Il y a toutefois une évolution majeure par rapport à l'histoire originale, en ce qui concerne Elizabeth : ce personnage semble manquer affreusement manquer de personnalité chez Mary Shelley (pour le peu que j'ai retenu de ce bouquin que je n'ai donc jamais eu le courage de lire), tandis que Kenneth Branagh lui attribue finalement un caractère assez flamboyant (c'est mon côté féministe qui parle). J'ai également aimé le fait que Victor essaie de la faire revenir à la vie après son assassinat par la Créature, les deux hommes étant alors amenés à ressentir la même solitude et la même souffrance face à leur destin.


Honnêtement, je peux vous assurer que je n'ai rien trouvé de trop théâtralisé, la performance des acteurs est aussi exceptionnelle que subtile, la descente aux enfers de Victor est rudement bien amenée, tout comme l'infinie tristesse ressentie par la Créature, à l'image de l'enfant qui ne comprendrait pas dans quel monde on l'a catapulté.

Je ne vais pas être très originale, mais je devine qu'il est préférable de lire en premier lieu le roman de Mary Shelley, histoire de pouvoir dissocier l'histoire originale de l'invention hollywoodienne.

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3 commentaires:

  1. Je ressens davantage le côté théâtrale mais l'histoire est tellement bien tournée et l'évolution des personnages intéressante que cela ne m'a pas pas longtemps gêné. J'aime beaucoup le début très mystérieux et inquiétant dans le grand nord avec son ambiance particulière qui donne tout de suite envie. A mettre aux côté du Dracula de Coppola et du Entretien avec un Vampire de Neil Jordan dans les adaptations réussies de la dark littérature, comme tu le sais ;-)

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    1. Des adaptations dont je comptais justement parler prochainement, à l'occasion de mes articles "à thème" !

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  2. j'ai adore de niro dedans! mais le film en noir et blanc ne m'a jamais attiree..

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